L’été rime souvent avec soleil, chaleur, baignades et activités en plein air. Pourtant, cette saison
peut devenir un facteur aggravant ou déclenchant pour plusieurs maladies inflammatoires
cutanées, avec des répercussions sur la qualité de vie des patients et la complexité de leur
prise en charge. En tant que médecin généraliste, il est essentiel d’anticiper ces risques et de
rappeler l’importance de la photoprotection adaptée à chaque profil.
Pathologies inflammatoires exacerbées par le soleil
1.Lupus érythémateux cutané.
La photosensibilité est un facteur bien documenté de poussée, notamment dans les
formes subaiguës et chroniques. Les UV déclenchent une réponse immunitaire
inadaptée au niveau des kératinocytes, aggravant les lésions.
2.Rosacée
La chaleur et les UV peuvent induire des bouffées vasomotrices et des poussées
inflammatoires. L’été est souvent marqué par une augmentation des symptômes
(érythème, papules).
3.Dermatite atopique
Même si certains patients signalent une amélioration transitoire liée à l’exposition
solaire, le chlore des piscines, la transpiration et l’exposition prolongée peuvent
exacerber la sécheresse et l’irritation cutanée.
4.Psoriasis
Les UVB naturels ont un effet anti-inflammatoire bénéfique pour certains patients.
Toutefois, une exposition excessive ou mal contrôlée peut entraîner des coups de
soleil aggravant l’inflammation.
5.Dermatite de contact photoallergique ou phototoxique
Les cosmétiques, parfums, ou médicaments photosensibilisants (ex : doxycycline,
amiodarone) peuvent entraîner des réactions cutanées sévères lorsqu’ils sont
associés à une exposition solaire.
Prévention et éducation à la photoprotection
Voici quelques messages clés à transmettre aux patients à risque :
- Photoprotection quotidienne avec un écran large spectre SPF 50+, même par temps
nuageux. - Réapplication toutes les 2 heures et après chaque baignade.
- Éviction des heures les plus chaudes (12h–16h) et port de vêtements couvrants,
chapeau à larges bords, lunettes. - Surveillance des traitements photosensibilisants en cours.
- Préférer les produits solaires sans parfum et testés dermatologiquement pour peaux
sensibles.
Le rôle clé du médecin généraliste
Une consultation estivale ou un renouvellement de traitement est l’occasion de :
- Évaluer le niveau de contrôle de la pathologie cutanée, repérer les signes de rechute
ou les facteurs déclenchants liés à la saison. - Adapter les traitements topiques ou systémiques en fonction du phototype et des
habitudes de vie estivales du patient. - Informer sur les signes d’alerte nécessitant une consultation rapide (lésion photo-
induite atypique, poussée inflammatoire aiguë).
Conclusion : La saison estivale représente un défi prévisible pour de nombreux patients
atteints de maladies inflammatoires de la peau. Une prise en charge proactive et une
sensibilisation efficace à la photoprotection sont des leviers simples mais puissants pour
limiter les complications et améliorer l’adhésion thérapeutique.